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jeudi 17 mars 2011

Moonraker

Vous rappelez-vous des frères Duke?

Mais si, les deux frères qui étaient cousins dans la série "Shériff, fais-moi peur"! Les deux ploucs héros de l'Amérique profonde, la véritable Amérique, celle de la Creuse et de la Corrèze réunies. Quoique, si vous vous souvenez bien, les deux zhéros avaient une cousine, Daisy, qui méritait le coup d'oeil, entre autre.

Bref, dans cette série culte chez les ploucs, il y avait toujours un narrateur qui nous expliquait l'histoire, au cas où un académicien hollywoodien aurait écrit le scénario, incompréhensible il va de soi. Eh bien! avec le comic-strip Moonraker, y a un peu de l'idée...


Alors, Moonraker, adapté du roman éponyme d'Ian Fleming, a été scénarisé par Henry Gammidge et illustré par John McLusky pour le Daily Express du 30 mars 1959 au 8 août 1959.

En l'occurrence, c'est James Bond, qui nous prend pour des gros nazes et nous explique, en nous regardant droit dans les yeux, qui est sir Hugo Drax.



Le coco, pardon l'aristo, triche aux cartes. Il est membre du même club que M, qui s'en est rendu compte. Cela ne peut pas continuer, d'autant que Drax est vénéré par les Britanniques. Homme richissime, il est à l'origine du projet Moonraker, une fusée atomique qui doit protéger l'Angleterre de toute attaque nucléaire. Pour les amateurs de Fantômas, dont McLusky doit faire partie, je vous laisse découvrir sa représentation du chef des services secrets britanniques...


Fantômas, ou l'homme invisible...

M propose à James Bond de découvrir comment Drax triche et de lui donner une bonne leçon.
La bonne leçon, c'est que 007 triche lui-même.
La grande classe.


Le lendemain, un drame bouleverse le site où est construit le Moonraker : le seul agent de sécurité (le seul Britannique, la secrétaire de Drax exceptée) est abattu par un technicien (allemand, comme l'intégralité des techniciens et assistants de Drax.) M envoie Bond mener l'enquête, ce que 007 fait à corps perdu.



James Bond découvre que Drax est en réalité en fieffé coquin doublé d'un Allemand, et réciproquement. Le Moonraker sera bien armé d'une ogive nucléaire, mais la fusée sera dirigée sur Londres. Et quand Bond l'apprend, Drax devient colère.



L'opération réussit. L'ogive est lancée, Londres est détruit et James Bond se retrouve au chômage. Terrible.

Mais non, c'est de l'humour! 007 intervient, modifie les coordonnées de l'ogive et sauve Londres. La Reine décide de lui octroyer une récompense, mais M refuse. Un brin jaloux, ce M...

Bref, James Bond entreprend de se récompenser lui-même en proposant la botte à la secrétaire de Drax. Mais elle lui présente aussi sec son fiancé. Pas de chance.
Et, beau joueur, 007 va se consoler au parc.
Rideau!


Armand ROUTIN
avec l'aimable concours de
Philippe FOURNET

vendredi 11 mars 2011

Vivre et laisser mourir


Au revoir Anthony Hern, bienvenue Henry Gammidge!
En effet, pour la seconde adaptation d'un roman d'Ian Fleming en comic-strip, un nouveau scénariste est recruté. Et le sieur Gammidge, il commence petit.
Mais revenons au départ. Live and let die (Vivre et laisser mourir, donc) a été publié dans les pages du Daily Express du 15 décembre 1958 au 28 mars 1959, soit 86 strips. Léger... C'est encore une fois John McLusky aux pinceaux.


A la différence de Casino Royale, l'histoire imaginée par Fleming estmoins connue, notamment parce que le film adapté du roman (rires dans la salle) s'éloigne bougrement de l'intrigue originale. En l'occurrence, des pièces d'or provenant vraisemblablement du trésor du pirate Harry Morgan circulent aux USA. Les services secrets britanniques soupçonnent un scélérat du nom de Buonaparte Ignace Gallia dit Mr Big, de faire entrer en fraude ces pièces et de les revendre pour financer les cellules communistes. Il faut que cela cesse! Bond est envoyé aux USA.

Il commence par se fondre dans la faune en se vêtissant à la manière américaine.

La mode anglaise :

Mais le costume américain ne lui porte visiblement pas chance :


Gammidge suit les grandes lignes de l'histoire de Fleming : la virée à Harlem de Bond et de Felix Leiter, l'agent de la CIA qui l'a épaulé à Royale-les-Eaux, puis le départ pour la Floride, et enfin l'arrivée aux Caraïbes. Mais du roman touffu et violent, Gammidge taille dans le vif pour ne conserver que l'essentiel, et encore...

Par ailleurs, l'aspect particulièrement raciste du roman est édulcoré. Mr Big est censé n'avoir pour sous-fifres que des Noirs. McLusky doit alors avoir des soucis pour reproduire ces personnages. Jugez plutôt ces trois hommes qui braquent 007 et Leiter :


N'empêche, l'humour de bon ton est toujours au rendez-vous. Ainsi, après que Leiter se soit fait dévorer un bras et une jambe par un requin, Bond se précipite à l'hôpital pour rejoindre son ami. Et quand un homme se fait charcuter un bras et une jambe, il ressemble évidemment à ça :


Une momie.

Cela dit, pas de grands commentaires à tirer de ce comic-strip. Il s'agit d'une honnête production, grâce à laquelle le scénariste fait ses gammes en évitant la censure. A noter toutefois que, si le nombre de strips est particulièrement réduit (deux fois moins que pour Casino Royale, alors que paradoxalement le roman Vivre et laisser mourir est un tiers plus long), McLusky s'améliore au fil des jours. Son style âpre et réaliste s'épanouit véritablement pour le plaisir des yeux.

Le duo se reformera pour une troisième adaptation, Moonraker.


Armand ROUTIN

un grand merci à Philippe FOURNET

dimanche 21 novembre 2010

Casino Royale


Le commencement débuta par le premier.
Cela peut paraître une évidence, mais aujourd'hui il vaut mieux tout préciser.
C'est donc par l'adaptation de Casino Royale, le premier roman écrit par Ian Fleming mettant en scène James Bond en 1953, que débuta la série de comic-strips que publia le Daily Express durant une vingtaine d'années. Ce fut du 7 juillet au 13 décembre 1958. Au scénario : Anthony Hern, au dessin : Jim McLusky.

Est-il nécessaire de résumer l'ouvrage? Est-il nécessaire de résumer la Génèse ?
Peut-être...
Alors, voilà : c'est l'histoire d'un mec, du nom de Le Chiffre, qui n'a pas de prénom. Le gus est un espion à la solde des soviétiques. Il est responsable d'un syndicat alsacien, dont les finances sont alimentées par les cocos. Or, le zouave décide d'investir cet argent dans une petite entreprise qui ne connaît pas la crise : un réseau de maisons closes. Pas de chance pour lui, la loi Marthe Richard est votée et les maisons closes ferment.

Plus d'argent! Le Chiffre envisage de regagner la somme perdue en jouant au baccarat au casino de Royale-les-Eaux. Les services secrets britanniques envoient Bond pour qu'il joue contre lui... et le ruine de manière irrémédiable. Bond gagne, mais il est enlevé et torturé par Le Chiffre.


Un agent du Smersh, le service "liquidation" du KGB, intervient et abat Le Chiffre et ses hommes, mais il laisse la vie sauve à 007 car il n'est pas mandaté pour l'assassiner. Bond se remet de ses blessures en compagnie d'une femme qui l'a soutenu au cours de la mission... pour apprendre, beaucoup trop tard, qu'en réalité elle le trahissait depuis le début.
Kleenex. Larmes. Fin de l'aventure.

Bon, redevenons drô... pardon, sérieux.
Nous assistons donc à la présentation de 007. Un brave petit gars, plutôt débonnaire, si l'on en juge la représentation faite par McLusky dès les premières vignettes.




Quant à M, il a un petit côté Fantômas.


Mais l'agent du Smersh n'est pas mal non plus. Il intervient donc au cours de la séance de torture. Et à cet instant, le lecteur frémissant se dit : "et alors? et alors?"
Zorro est arrivé, et effectivement sans se presser.

Vous remarquerez une apparition furtive de Louis de Funès dans un de ses premiers rôles. Regardez bien, le second en partant de la droite.



Enfin, vous conviendrez avec moi que Vesper Lynd, la bondgirl de l'histoire, ressemble fortement à Maïté.

Non, je plaisante.

Que dire de réellement intéressant? L'adaptation du roman offre une histoire excessivement lente au lecteur, avec pléthore de redondances. McLusky se débrouille très bien, mais il fera beaucoup mieux par la suite. Disons qu'il fait ses gammes.
Au final, Casino Royale s'avère un comic-strip à lire pour le plaisir de la découverte.

Armand ROUTIN

avec l'aimable concours de Philippe FOURNET

mardi 19 octobre 2010

Double Eagle

Les meilleures choses ont une fin.
Il en va de même des non-meilleures...
Et là, Double Eagle appartient clairement à la seconde catégorie.

Double Eagle, donc. L'Aigle à deux têtes. Le dernier scénario pondu par Jim Lawrence pour un comic, illustré par l'ex-illustre mais en 1984 fatigué Yaroslav Horak, pour un journal scandinave qui m'est inconnu (on a beau être beau, on ne peut pas tout savoir.)

Allez, tirons sur l'ambulance...
A Lisbonne, James Bond attend l'arrivée d'un tortionnaire nazi qui revient d'Amérique latine. L'homme en fuite est de retour en Europe... car quelqu'un lui a donné rendez-vous dans un endroit totalement désert à l'extérieur de la ville. Un rendez-vous avec la mort, car un aigle fond sur lui et le trucide. Fichtre! c'était bien la peine de traverser tout un océan dans l'espoir d'un rencard avec une jolie poule et de finalement rencontrer un vilain rapace!


Après avoir fait son rapport, 007 est envoyé à Berlin-Est. Une nouvelle mission l'attend, sans aucun rapport avec la première (quand je vous disais que Lawrence était fatigué...) Il s'agit cette fois d'aider un ingénieur en aéronautique britannique, disparu voilà un an, à quitter Berlin pour revenir en Angleterre. Or, nul ne sait ce qu'il est advenu de l'ingénieur au cours de l'année écoulée. Le fugitif donne rendez-vous à 007 dans un café, mais le KGB et des agents de la police est-allemande s'en mêlent.


Bond parvient à récupérer l'ingénieur mais celui, grièvement blessé, perd la mémoire. Des agents recontactent 007 qui, victime d'un traquenard, tombe entre leurs mains. Là, le petit groupe de rebelles lui avoue que ses agents appartiennent aussi bien à la police est-allemande qu'au KGB; ils ont l'intention, grâce à des aigles robotisés lestés de bombes, de percer une brèche dans le mur de Berlin. Les zozos sont des idéalistes qui ont espoir de voir réunies un jour les deux Allemagnes, d'où le tatouage de l'Aigle à deux têtes qu'ils portent, symbole de l'unification austro-hongroise. Euh, vous suivez?... Bond s'échappe et parvient à faire échouer le complot.

Ouais, ouais, ouais...

Y a-t-il un Méchant à la Blofeld?
Non.
Des coups de théâtre originaux?
Non.
Des illustrations dignes du grand Horak?
Non.
Euh, de la nudité, ou de la cuisse tout au moins?
Non, non.

Ben, alors, qu'est-ce qu'il y a?
Une série en fin de parcours. Un épisode dans lequel des éléments appréciés du scénariste sont réemployés : les robots, comme dans Fear Face ou When the Wizard awakes

comprenant des incongruités : Moneypenny participant de manière active à la mission. Dites, vous connaissez beaucoup de femmes ayant suivi des études de secrétariat qui deviennent des Mata-Hari?


et une profonde lassitude.
A l'évidence, l'envie des deux auteurs a disparu. Peut-on le leur reprocher? Lawrence et Horak sont à pied d'oeuvre sur la série depuis 1966, soit 18 ans. Certes, on peut leur reprocher de ne pas avoir arrêté plus tôt, mais peut-être eut-il fallu pour cela avoir du recul ou accepter un avis extérieur? Quoi qu'il en soit, devant le piètre résultat de leur ultime collaboration, les journaux, qu'ils soient britanniques, scandinaves ou autres, décident d'arrêter les frais et suppriment de leurs pages la publication du comic-strip.

Et pour une fois...
James Bond won't be return.

Armand ROUTIN
avec l'aimable concours de Philippe FOURNET

dimanche 17 octobre 2010

Snake Goddess

Moneypenny est en danger! Un python a ouvert la porte de sa chambre avec ses deux mains et tente à présent de l'étouffer. Heureusement, notre charmante secrétaire, à l'article de la mort, saisit son téléphone, compose le numéro de M et l'appelle au secours. Endurante et vigoureuse, la Moneypenny!
M, de son côté, appelle vite 007 en lui disant que Moneypenny lui a paru en grand danger. Alors, James Bond, pressé par le temps, enfile son costume-trois pièces, noue sa cravate et ses souliers, se repeigne et, une fois qu'il est présentable, se rue chez Moneypenny. Fort heureusement, au bout d'une demi-heure d'attente et de combat acharné dans son lit, la secrétaire de M est toujours en vie. 007, en preux chevalier, la délivre en moins de deux.



Et c'est sur cette franche scène nanarde que débute l'aventure d'aujourd'hui, Snake Goddess (la Déesse aux Serpents), scénarisée par Jim Lawrence pour des journaux scandinaves en 1984. Aux pinceaux : le talentueux Yoraslav Horak, pardon l'ex-talentueux Horak car, pour son grand retour aux dessins d'un 007 strip, Monsieur Horak ne se foule pas. Aussi fatigué que le sieur McLusky lors des illustrations des trois histoires précédentes. Eh bien! si le scénario est aussi bon que les dessins, ça promet!



Et les promesses sont tenues!
Retour à l'histoire, donc. Il semblerait que diverses personnes travaillant dans le domaine des ogives nucléaires se soient fait agresser au cours des dernières semaines. A chaque fois, la pop-star suédoise Freya, surnommée la Déesse aux Serpents car elle chante et se trémousse entourée de ces charmantes bestioles, était dans le coin. Suspecte, la donzelle!


Bond se rend dans son hôtel et affronte les amis de la chanteuse : des punks patibulaires à qui il apprend les bonnes manières. Freya, voyant cet étalage de vio... de virilité, lui impose de lui faire l'amour (très fin, le scénar...) Or, au moment où 007, au lit, lui signale qu'il a terminé sa tâche, un monstre gigantesque apparaît sur les écrans de télévision : Godzilla, pardon Yggdrasil, le dieu serpent des légendes scandinaves, vient de sortir de terre en Cornouailles (qu'est-ce que j'avais dit concernant le scénario, moi?...)






La bestiole, timide, se cache au fond d'une mine qui appartient à un certain M. Vidyala qui, sans être punk, n'en est pas moins patibulaire.


Le coquin s'empare de Freya, car il le veut bien (nous, en revanche, nous ne saurons jamais pourquoi), tandis que Bond visite la mine. Durant ses pérégrinations, 007 est avalé par Yggdrasil qui avait faim. Oh! je plaisante à peine : en réalité, notre monstre est un sous-marin qui a la capacité d'évoluer également sur la terre ferme. Vidyala l'a fait construire afin que les deux super-puissances, les USA et l'URSS s'entre-déchirent et que le Tiers-Monde devienne une puissance mondiale que notre ami patibulaire commanderait. Heureusement, Bond, qui connaît ses classiques, lui rétorque : "Pas de ça, Lysette!" et lui lance au visage un python qui se promenait en liberté à l'intérieur du sous-marin. Bond libère Freya, s'échappe avec elle, détruit le sous-marin et fait l'amour. Rideau!

Sans aller jusqu'à dire que l'on touche le fond, il faut reconnaître qu'il est grand temps que la série s'achève. Lawrence reprend des thèmes qu'il avait déjà abordés, que ce soit le serpent sous-marin dans Sea Dragon, ou la secte dans the Paradise Plot. Certes, il y a moins de nudité dans cette histoire, mais celle-ci est particulièrement courte, ceci expliquant peut-être cela. Quant à Horak, son travail est baclé et lui-même paraît ne plus trop y croire. Néanmoins son travail est à plusieurs coudées de distance des derniers strips réalisés par McLusky.

Le véritable rideau tombera avec l'histoire suivante, Double Eagle.

Armand ROUTIN
avec l'aimable concours de Philippe FOURNET

dimanche 3 octobre 2010

The Scent of Danger

Au terme de l'Homme au pistolet d'or (the Man with the Golden Gun, 1965), il est proposé à James Bond de devenir... 0007, c'est-à-dire d'avoir une fonction de diplomate. Refus de l'intéressé qui s'imagine mal rester le cul, pardon, le rectum sur une chaise.
Eh bien! il faut croire que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis car c'est en tant que diplomate que Bond nous apparaît au début de son ante-pénultième (avant-avant-dernière - faut vous élargir le vocabulaire, les p'tits gars!) aventure sous forme de comic strip : the Scent of Danger (le Parfum du Danger), scénarisé par Jim Lawrence et dessiné par John McLusky en 1983-84... pour des journaux scandinaves! Eh oui! vu la qualité des dernières productions des deus susnommés, les quotidiens britanniques ont refusé de se compromettre de nouveau avec eux. Ca promet...

Sur la Riviéra italienne, Bond se voit proposer un bain de minuit par une donzelle peu farouche. Le bougre accepte... et échappe de peu à la mort. En effet, un sous-marin au large a libéré un requin qui s'est précipité sur l'Italienne et a failli avaler notre héros.


Bien que vivant, (0)007 n'est guère content : il avait espoir que la victime lui révèlerait des informations sur un nouveau réseau d'espionnes internationales. Maintenant qu'elle est morte, elle va beaucoup moins parler.

Bond retourne de ce pas à Londres, où le MI6 soupçonne une journaliste d'être membre du fameux réseau. Malheureusement, lorsque 007 (oui, il a perdu du galon) la retrouve, elle est assassinée. Série noire chez les souris blanches. Néanmoins, Bond découvre un indice : une bouteille de parfum particulière, que les deux victimes avaient en leur possession. Et lorsque Bond trouve un flacon similaire chez une troisième victime, une danseuse de cabaret à Berlin-Ouest, le doute n'est plus permis : ce parfum pue la mort.

Et c'est le cas, en effet. La fragrance a été mise au point par le Spectre, qui lui a donné le doux (et si discret) nom de "Spectre de la Rose". C'est une essence psychotrope qui permet de supprimer la volonté des malheureux qui en ont respiré les effluves. Madame Spectra, la chef du Spectre, envisage d'en projeter des litres au-dessus du palais de Westminster et de réduire les membres du gouvernement britannique à sa merci. C'est compter sans 007...


Bon, arrêtons-nous là. Ce n'est pas la peine de tirer sur l'ambulance. Pour le Bond des comic strips, ça sent le sapin. Le scénario de Jim Lawrence est pourtant toujours aussi plaisant, quoique truffé de plus en plus d'incohérences, mais la coupe est pleine lorsqu'apparaît Madame Spectra. Madame Spectra, décédée au terme de la seule histoire illustrée par Harry North en 1981, Doomcrack. Comment a-t-elle survécu? Mystère. Certes, elle est défigurée, mais comme McLusky, ainsi que nous l'avons vu avec Flittermouse et la résurrection du Dr Cat, ne dessine jamais les personnages de la manière dont ils ont été créés par ses prédécesseurs, cela n'est pas surprenant. Finalement, Madame Spectra aura eu trois tronches différentes en trois aventures dessinées par autant de personnes (la dernière, qui s'avère également être la première de la liste, étant Yaroslav Horak dans the Spy who loved me en 1968.)


Voilà pour le scénario. Quant aux illustrations... Tenez, jugez par vous-mêmes.


Merveilleux, hein? Ce crobard représente Bond qui achève de faire l'amour...
Fichtre, McLusky nous avait habitué à mieux avec les adaptations des oeuvres de Fleming dans les années 50 et 60. Là, on sent la fatigue, l'ennui et, pour parler crûment, un incroyable je-m'en-foutisme.

Le lettreur est au diapason et, comme dans une ou deux autres histoires précédentes, 007 devient encore une fois 077 au gré des envies de l'incompétent.


En conclusion, les grandes aventures du James Bond illustré sont derrière lui, et pourtant il reste encore à Jim Lawrence deux scénarios sous le coude, que Horak illustrera après la défection de McLusky.



Armand ROUTIN
avec l'aimable concours de Philippe FOURNET

mardi 7 septembre 2010

Polestar

Ca commence très fort par une donzelle à poil.
Et une donzelle à poil debout sur la banquise.


Et là, d'entrée de jeu, on devine qu'on a affaire à un chef-d'oeuvre, un chef-d'oeuvre de nanardise s'entend.
Aujourd'hui, nous découvrons Polestar (qui se traduit par Etoile polaire, mais étant donné qu'il s'agit du nom d'une compagnie pétrolière, il n'y a pas grand intérêt à traduire le mot.) Jim Lawrence est aux commandes de l'histoire, John McLusky, très fatigué, aux pinceaux. Il s'agit du dernier comic strip bondien a avoir été publié dans un quotidien britannique, le Daily Star, du 23 mai au 15 juillet 1983. Le dernier ? On se demande bien pourquoi...
Deux missiles ont été tirés, l'un en direction de Chicago, et l'autre de Vladivostok. Des avions de chasse les détruisent en vol, il y a finalement plus de peur que de mal. Les tirs semblent provenir du l'extrême nord du Canada. Ca tombe bien, une informatrice a signalé qu'elle avait des renseignements à communiquer au MI-6, là-bas justement. Pourquoi au MI-6 ? J'vous en pose à vous des questions ?! Pourquoi chez les pingouins ? Oh! c'est pas bientôt fini ces sarcasmes ?!
Bref, comme on le voit, nous voyons défiler devant nos yeux ébahis un scénario qui vaut son pesant de cacahuètes ! Pour en revenir à notre donzelle à poil, vous aurez compris qu'il s'agit de l'informatrice de 007 qui s'est retrouvée nue et congelée dans la glace.
Attaqué par un fonctionnaire, non, je plaisante, attaqué par un loup, James Bond ne doit son salut qu'à l'intervention d'une métisse indienne, Red Doe (Biche Rouge.) Brave fille, Red Doe lui explique la situation.
Pas bien loin d'ici, un mauvais homme, Robert Ayr, a construit une usine de raffinerie de pétrole, appartenant à la compagnie Polestar. Son ancienne maîtresse, qu'il a tuée, était la mère de Red Doe. Celle-ci cherche à la venger.
Quelques heures plus tard, Bond et Pocahontas sont emprisonnés par les hommes d'Ayr. 007 se fait passer pour un technicien spécialiste des ogives nucléaires, ce qui semble intéresser l'industriel. Red Doe, de son côté, se dévêt assez rapidement devant le grand méchant et coïte avec lui. Je vous vois bondir. Sacrebleu! vous n'avez jamais chercher à venger votre mère ?! Red Doe utilise une astuce, bon sang de bonsoir ! Elle se voue corps et âme à sa vengeance.

Bref, après le coït, Robert Ayr rejoint Bond et lui fait visiter ses installations souterraines. En effet, les tirs de missiles ont bien lieu sous la raffinerie. Ayr ne cherchait qu'à prévenir les Grandes Puissances de sa puissance à lui, car désormais il va frapper un grand coup : un nouveau missile va être tiré sur Detroit. Son objectif? Une fois que les Grandes Puissances le craindront, il les fera chanter et deviendra... LE MAÎTRE DU MONDE!!!! Si. C'est comme je vous le dis.

Heureusement, Bond retrouve Red Doe toujours aussi nue qui se rappelle brusquement qu'elle doit tuer Ayr. 007 l'en empêche, s'empare d'Ayr, stoppe le lancement, et s'enfuit avec Ayr et Red Doe. Pointe de sadisme : Bond oblige Ayr à se dévêtir et à périr de froid dans la neige.
Fiouh! terrible, le scénar ! Inutile de tirer sur l'ambulance et de s'appesantir sur le sujet.
Je pense que certains auront remarqué les similitudes qui existent entre Red Doe et Miss Havelock qui cherche également à venger la mère de ses parents dans la nouvelle d'Ian Fleming Top secret. Autre similitude : le fait que l'action des deux histoires se déroule au Canada.
Quant à la lassitude de McLusky qui n'y croit visiblement plus, elle transparaît quand il dessine Red Doe... avec une ridicule plume d'Indien.
Pour McLusky, la fin est proche : il ne lui reste plus qu'une histoire à illustrer, the Scent of Danger.
Armand ROUTIN
avec l'aimable concours de Philippe FOURNET

mercredi 1 septembre 2010

Flittermouse


Et c'est reparti pour un tour!
Quand le MI-6 a besoin d'un surhomme pour une mission urgente et capitale, qui est-ce qu'on appelle?
Bond, James Bond.
Bonne réponse.
Et là encore, le MI-6 a un besoin vital de 007 : il s'agit de se rendre sur la Costa Brava recueillir des informations de la bouche d'une starlette argentine. Bref, comme on le voit, il est absolument nécessaire d'envoyer un "00" sur cette mission hyper dangereuse...
Pour James Bond, la fin de la publication de ses aventures en comic strips est proche. Là, nous avons affaire à Flittermouse (approximativement la Souris qui vole... on dirait presque du Chantal Goya), scénarisé par Jim Lawrence et dessiné par John McLusky du 9 février au 20 mai 1983 pour le Daily Star.

Revenons à notre mission : la starlette se fait mystérieusement assassiner sur un voilier, sous les yeux de Bond qui n'a strictement rien vu. Faut dire qu'il était sous l'eau, ça n'aide pas trop pour voir ce qui se déroule au-dessus.


Bond retourne à Londres et là, chance! un nouvel indic signale au MI-6 qu'il a les mêmes informations que la starlette à révéler. Illico, Bond se précipite chez lui refaire ses bagages. May, son employée de maison, livide, lui apprend qu'il a reçu un paquet. A l'intérieur, il y avait un chat mort... qui est brusquement revenu à la vie! Tudieu! Qu'est-ce que c'est que cette histoire?! Bond, qui en a vu d'autres, ne se fait pas de mourron, d'autant que le chat a pris la fuite. Il prend sa brosse à dents et s'envole pour Paris.
A Paris, rebelote, l'indic est mystérieusement assassiné. Tout comme la starlette, il y a une trace de morsure sur son cou... comme si un vampire s'était désaltéré de son sang. Bond surprend un agent ennemi qu'il suit. Une fois l'agent éliminé (et pas en buvant de la Vittel), 007 emprunte son identité et se retrouve à Frankfort où une femme peu farouche l'entraîne dans un ténébreux château sur les bords du Rhin.
C'est là que James Bond retrouve un ennemi qu'il avait cru laisser pour mort en Amazonie quelques années plus tôt : le Dr Cat (bon, alors les aminches, cat signifie chat en français ; le coup du chat ressuscité - en réalité endormi - était en fait un message.) Le docteur utilise désormais des chauves-souris vampires pour se débarrasser des gens dont la tête ne lui revient pas. Bond se débarrasse une seconde fois du personnage et il s'échappe du château.
Rideau.
Bref, une histoire encore une fois sans temps mort, mais très courte et, en dépit de la surprise que constitue le retour du Dr Cat, vite oubliée.
Le Dr Cat apparaît pour la première fois dans une des meilleures aventures concoctées par Jim Lawrence, River of Death, en 1969, dessinée par Yaroslav Horak. Le moins que l'on puisse dire, c'est que John McLusky ne fait aucun effort pour que son personnage ressemble un tant soit peu à celui de Horak. Mais il y a encore mieux : selon les vignettes, le Dr Cat de McLusky est radicalement différent.











A Paris, nous découvrons Bond la pipe au bec. A priori M la lui a prêtée et 007 a peur de la perdre, car il ne s'en sépare jamais.
Sur une vignette, 007 devient 077, signe que le lettreur se moquait royalement de ce qu'il faisait. Mais il n'était vraisemblablement pas le seul : Lawrence ne paraît pas très en forme, et McLusky n'a plus le feu sacré. Il reste encore 4 histoires à venir, mais McLusky ne réalisera pas même les deux dernières.


Armand Routin


avec l'aimable concours de Philippe FOURNET